Néonicotinoïdes : Interdiction maintenue : une derrogation ciblée, et limitée dans le temps.

J’ai voté pour la loi relative aux conditions de mise sur le marché de certains produits phytopharmaceutiques en cas de danger sanitaire.

Il faut avoir le respect des positions de chacun sur un sujet aussi complexe mais aussi le courage de défendre et assumer une décision qui peut ne pas aller de soi à première vue. 

En premier lieu, il est utile de rappeler les avancées en faveur de la préservation de la planète mise en œuvre par la majorité depuis trois ans : 

•  La mise en œuvre de l’interdiction de la vente de pesticides chimiques aux particuliers depuis le 1er janvier 2019

•  La création du dispositif « Chaudières à 1€ » pour les Français les plus modestes

•  La mise en place du « forfait mobilité durable »

•  Le pacte sur les emballages plastiques pour réduire leur utilisation et leur impact. 

•  La convention citoyenne pour le climat et ses 146 propositions adoptées par l’Etat dont celle de mettre fin dès 2021 aux terrasses ouvertes chauffées.

Je réaffirme également mon refus catégorique d’un rétablissement général et sans condition des produits néonicotinoïdes. Je suis attaché au sujet de la pollinisation et de la protection des abeilles.

La loi votée ce jour doit permettre de déroger, pour une période de trois ans, aux règles relatives à l’interdiction des produits néonicotinoïdes en France afin de préserver la filière de la betterave française, et elle seule, menacée par la propagation du virus de la jaunisse dans l’ensemble des régions productrices. 

L’utilisation des produits néonicotinoïdes est interdite en France depuis le 1er septembre 2018. Les produits néonicotinoïdes font également l’objet d’une interdiction à l’échelle européenne. 

Cependant, les solutions alternatives aux traitements contenant des néonicotinoïdes, utilisées au cours de l’hiver 2019-2020, se sont révélées inefficaces. De nombreuses parcelles ont ainsi été infestées par le virus de la jaunisse faisant porter un risque de disparition de cette filière stratégique pour la France et, avec elle, ses 46.000 emplois. 

Cette dérogation, ciblée sur le secteur de la betterave et limitée dans le temps, ne remet pas en cause l’engagement résolu de la majorité dans la transition écologique et l’objectif d’une agriculture moins dépendante aux pesticides, mais constitue une solution temporaire à une difficulté conjoncturelle. Elle doit permettre une transition durable vers une agriculture française dépourvue de produits néonicotinoïdes. 

L’examen en commission a permis plusieurs avancées donnant des garanties aux députés, telles que l’inscription dans le texte de la limitation de la dérogation aux semences de betteraves sucrières et la création d’un conseil de surveillance chargé du suivi et du contrôle de la recherche et de la mise en œuvre d’alternatives aux produits contenant des substances néonicotinoïdes, au sein duquel siègeront des parlementaires. 

Attaché à la protection des insectes pollinisateurs qui participent au maintien de la biodiversité et de nos écosystèmes, je ne voterai donc pas d’autre exception que celle-là et je me réjouis que le Gouvernement mette en place un plan de protection des pollinisateurs, qui permettra de renforcer la protection de ces insectes pendant les périodes de floraison, et de mieux prendre en compte les enjeux qui leur sont associés.

2020-10-07T11:36:40+02:00 07/10/2020|A l'Assemblée|