Une prime c’est bien – Revaloriser les salaires c’est mieux !

Une prime sera versée aux personnels qui remplissent une mission décisive au sein des EHPAD et des services à domicile du secteur médico-social : Vrai !

Annoncée dès le 15 avril par le Premier Ministre à la télévision, cette prime devait être versée aux personnels qui ont rempli une mission décisive au sein des EHPAD et des services à domicile du secteur médico-social.

1️⃣ Concernant le personnel des hôpitaux et des EHPAD:

C’est chose faite ce dimanche 14 juin avec la publication et l’entrée en vigueur du décret officialisant le versement de la prime aux personnels des Ehpad et des structures médico-sociales. Elle sera de 1.500 euros net pour le personnel ayant exercé entre le 1er et le 30 avril dans notre département durement éprouvé lors de cette période.

2️⃣ Concernant les aides à domicile :

Confirmée par le Ministre des solidarités et de la santé, il est tout à fait logique que cette prime exceptionnelle soit également attribuée aux 300.000 professionnels du médico-social, une grande majorité de femmes, qui travaillent dans les centres communaux d’action sociale ou les associations. Elles qui ont pris en charge avec dévouement et avec un courage admirable les populations les plus vulnérables face à cette épidémie, nous leur devons un hommage appuyé car pour avoir vécu une journée entière auprès d’une aide à domicile du Pays Haut, je sais qu’au delà de cette prime, le sujet de l’avenant revalorisant leurs salaires doit être acté dans les meilleurs délais.

Le 11 mai, les directeurs des structures du secteur grand âge de l’APPA (allocation personnalisée à l’autonomie) avaient appelé à verser la prime de base de 1500 euros pour notre département particulièrement touché.

Bien que les aides à domicile du secteur public ou privé étaient également éligibles à l’activité partielle et à la prime dite Macron, le Premier Ministre et le Ministre des solidarités et de la santé, ont tous les deux indiqués que les échanges avaient lieu avec les collectivités locales, avec les départements, pour assurer les conditions de versement et du financement de cette prime.

Toutefois, le sujet de son financement n’était et n’est toujours pas réglé.

Il n’a jamais été dit que les Départements devaient financer seuls les primes. L’État avait proposé un cofinancement avec les Départements, ce qui paraît normal au vu de la compétence départementale sur ce secteur. Toutefois ce cofinancement butait sur certains Conseils Départementaux argumentant que la crise sanitaire sortait de leur compétence.

Cela est faux !

Les Départements ont la compétence de financement de l’APA à domicile mais également dans l’organisation des soins à domicile. Ce statu-quo a entrainé cet immobilisme que je regrette et dont nos aides à domicile ont fait les frais. Chacun devait prendre ses responsabilités : l’État ET les Conseils Départementaux.

Alors je me félicite que le Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle a annoncé ce lundi 15 juin qu’il allait verser jusqu’à 1500 euros de prime aux 2000 salariés de l’aide à domicile qui ont travaillé pendant la crise du coronavirus, toutefois je martèle que ceci n’est qu’une première étape résolu pour notre Département. Cet effort financier de 2,2 millions d’euros consacré au versement de la prime covid en Meurthe-et-Moselle est à mettre en lien avec la décision du Conseil Départemental de Gironde.

En effet, en date du vendredi 12 juin le Président Jean-Luc Gleyze (également PS) a décidé de consacrer 11 millions d’euros pour revaloriser les tarifs des aides à domicile faute de prime covid (+11,3% sur le tarif horaire soit de 18,87 €/heure à 21 €/heure).

Cela est le signe qu’une prime peut sembler satisfaisante à court terme,

mais qui couve une injustice salariale bien plus profonde et durable qui est la question de la revalorisation salariale.

3️⃣ Revalorisation des salaires des aides à domicile:

Alors que les ADMR (Aide à domicile en milieu rural) ne disposaient pas d’argent à consacrer à ces fameuses primes exceptionnelles, en raison des faibles montants versés par les Départements, il apparaît que ces derniers ne sont pas ou plus à la hauteur des actuels besoins des aides à domicile.

L’épisode du refus injustifié du collège des Conseils Départementaux au versement de la prime exceptionnelle sous prétexte que la crise sanitaire ne relevait pas de leur compétence, nous amène et conforte dans l’idée que cette gouvernance doit être revue et corrigée.

Cela était tout l’objet de la Loi Grand Age et Autonomie commencé et qui devait être débattue après cet été. L’actualité et les événements ont fait que ce projet de loi sera finalement présenté d’ici la fin de l’année 2020.

Alors qu’en juin 2018, un avenant à la convention collective de la branche de l’aide à domicile avait permis de mieux prendre en compte les temps et frais de déplacement, 310 millions d’euros avaient été débloqués en février 2020 pour revaloriser les 20% d’aides à domicile les plus précaires.

Ce temps de pause forcé permettra donc une meilleur modernisation de ce secteur au vu de cette période, afin de mieux répondre  aux problématiques structurelles rencontrées par les services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD).

Il nous faut résoudre pleinement les difficultés économiques, de reconnaissance et pénibilité de ce métier, par une reconnaissance accompagnée d’une revalorisation pérenne du salaire de ces professionnels sur le long terme.

2020-06-17T10:55:50+02:00 17/06/2020|Santé, Sur le Terrain|